Nicolas Lapp, directeur technique et cofondateur de Sunreef Yachts, partage son point de vue sur la transition audacieuse du chantier naval, qui abandonne les ponts traditionnels en teck au profit d’un avenir plus durable dans la construction de yachts.
Sunreef Magazine : Sunreef Yachts a récemment annoncé sa transition vers des alternatives au teck traditionnel. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Nicolas Lapp : En tant que chantier naval, nous estimons que le teck ne correspond plus à notre vision. Nous avons choisi d’adopter des solutions plus durables, mais toujours naturelles. Notre objectif est d’offrir à nos clients des matériaux aussi luxueux visuellement, tout en étant plus respectueux de l’environnement. C’est une direction que l’ensemble du secteur devrait envisager sérieusement.

Quels matériaux avez-vous choisis pour remplacer le teck et comment se comportent-ils ?
Nous avons mené un important programme de recherche et développement, testant huit alternatives au teck. Finalement, nous avons retenu deux matériaux à base de bois et une solution non bois. Non seulement ils imitent l’apparence du teck, mais certains surpassent même ses performances.
Par exemple, l’un des bois modifiés thermiquement réduit la chaleur de surface de 16 % et offre une meilleure isolation de plus de 25 %, ce qui réduit la consommation énergétique pour le refroidissement des cabines.


Le teck reste un symbole de luxe pour beaucoup. Comment vos clients perçoivent-ils ces alternatives ?
C’est vrai, l’image du teck reste très ancrée, surtout pour les ponts extérieurs. Mais nos clients font preuve d’une grande ouverture. Ils sont curieux, sensibles au design, et de plus en plus conscients des enjeux environnementaux. Dès qu’ils découvrent des matériaux durables et esthétiques, la transition se fait très naturellement. Nous avons reçu un accueil très positif, tant pour nos catamarans à voile que pour nos yachts à moteur.

La facilité d’entretien joue-t-elle un rôle important ?
Absolument. L’entretien du teck est souvent difficile à cause de son huile naturelle, ce qui le rend sensible aux taches comme le vin, le café ou la crème solaire. Nos nouveaux matériaux sont bien plus résistants et faciles à nettoyer.
Nous avons mis en place des méthodes d’entretien spécifiques rendant les ponts presque insensibles aux taches, ce qui facilite grandement la vie des équipages.

Et pour des modèles plus sportifs comme l’ULTIMA 55 ? Appliquez-vous la même approche ?
Pour l’ULTIMA 55, un catamaran hybride hautes performances, nous avons fait une exception. Ici, le poids et le style sportif étaient prioritaires, nous avons donc opté pour une solution synthétique haut de gamme. Mais même dans ce cas, la durabilité a été un critère de choix important.







































































